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Première mondiale le 19 juillet 2018 au Festival d'Avignon
Emanuel Gat Dance et l'Ensemble Modern

 

Pour sa première participation au Festival d'Avignon, ce chorégraphe israélien installé en France n'a pas choisi la facilité. Mais en affirmant l'exigence d'une danse dont les interprètes sont aussi les passeurs - et parfois les auteurs -, Emanuel Gat s'impose dans la cour des grands. Et la Cour d’honneur.


Les Echos - Philippe Noisette

 
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L'eau du bain, une histoire baignée de lumière, un intermédiaire pour entrer dans la grâce.

L'eau, l'histoire, le corps, le feu, la lumière, la grâce.

L'eau qui raconte une histoire, ou l'histoire qui laisse entrer l'eau, intermédiaire entre la grâce et le corps-écran.

L'eau est celle du poète, l'histoire, celle du corps danseur, de la musique jouée, de la ligne et de la couleur, l’histoire de la lumière, qui montre et cache à la fois, infiniment libre et indéfiniment prise à l'écran des corps.


Story Water est un intermédiaire, au service des communautés, reflétant les lieux où elles vont s’ancrer. Le programme témoigne d’une perception qui dépasse ce qui nous est connu : il est comme une monnaie, un commerce transcendant, une économie d’expériences.
C’est un lieu fait de métaphores fluides, attendant l’émergence de contextes nouveaux pour révéler des perceptions inédites.

 

Jusqu’alors cloués sur nos fauteuils, saisis par la pureté et la modestie de la danse de Gat, les spectateurs n’ont qu’une envie : se ruer sur le plateau. Et l’on sort le sourire aux lèvres se rappelant pourquoi l’on fréquente si souvent les salles de spectacles : pour trouver ces rares et courts instants où se crée une assemblée joyeuse d’être unie par l’Art. Gat inscrit son nom au fronton des plus grands chorégraphes qui ont investi la Cour d’Honneur.

 

Theatrorama - Thomas Cepitelli

 

Story Water est ce lieu de confluence où deux troupes uniques, Emanuel Gat Dance et l'Ensemble Modern de Francfort, se rencontrent, liées par une vision commune de la création artistique contemporaine. C’est le fruit d’un dialogue entre les artistes, les créateurs et les interprètes qui partagent, bien qu’ils évoluent dans des langues et des domaines différents, une même philosophie artistique aboutissant au développement d’environnements créatifs plus inclusifs, plus horizontaux.

Le programme est construit autour de l’idée simple de la musique et de la chorégraphie se rencontrant sur scène, comme deux entités distinctes engagées en temps réel dans une invitation au dialogue plutôt qu'à l'illustration mutuelle.

 

Les Partitions

© Bert Bial/New York Philharmonic Archives/NY Times

Dérive 2 de Pierre Boulez

(pièce pour 11 musiciens)

Construite sur un seul accord (dérivé de la translittération musicale des initiales du nom de Paul Sacher), Dérive 2 est une révision permanente, en constante expansion, évoluant à l’intérieur d’un univers musical totalement hermétique.

Tout change, en surface, mais rien ne change, en profondeur : la pièce aborde les notions de changement et de différence dans ce qui ressemble à un kaléidoscope musical. Des formes aux contours perpétuellement changeants sont propulsées par une énergie ininterrompue afin de conserver leur intégrité, tout en se concentrant sur l’unique harmonie directrice, à laquelle il n’est possible d’échapper que quand la musique s’arrête.

 

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Fury II de Rebecca Saunders

(concerto pour contrebasse et ensemble)

« Fury » évoque la fureur passionnée, la rage, la crise. Comme un orage, Fury II exploite un paysage sonique/ acoustique explosif pour explorer la colère. Le morceau est construit comme une seule respiration, il crée un arc qui se poursuit du début à la fin et décrit un seul état. Cependant, il ne s’agit pas de définir un paysage émotionnel, mais plutôt d’explorer le potentiel énergétique du son, et comment les interprètes s’impliquent physiquement dans sa délivrance. L’instrument central est la contrebasse à cinq cordes, caractérisé par ses sons bas et vibrants, ses vastes possibilités percussives, et l’engagement physique prononcé du soliste, qui porte la musique avec une évidente intensité de gestes et de postures. Fury II est une composition soigneusement organisée, où de puissants sons se voient arracher au silence, ou plutôt, à la permanente possibilité du silence. Les sons naissent de ce vide acoustique, s’étendent et s’évadent, avant de revenir à lui. C’est une musique qui ouvre des espaces, d’indispensables espaces intermédiaires.

 

 

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FolkDance d’Emanuel Gat & l’Ensemble Modern

(pièce pour un ensemble de 11 musiciens)

FolkDance est une création musicale d’Emanuel Gat, développée en collaboration avec les musiciens de l’Ensemble Modern de Francfort spécialement pour ce programme. Cette partition inédite est le fruit de la joyeuse juxtaposition de différentes traditions de musique folklorique, traitées avec des outils et procédés chorégraphiques.

C’est une expérience de transposition de la pensée chorégraphique dans le domaine de la performance musicale, ou plutôt une invitation faite aux musiciens de l’Ensemble Modern à s’engager dans l’espace et l’état d’esprit chorégraphique, où ils deviennent partie intégrante du processus de composition, participant pleinement à l’élaboration de la partition qu’ils s’apprêtent à jouer.

 

La principale idée chorégraphique qui sous-tend cette nouvelle création est la conviction que les chorégraphies sont affaire d’interactions plutôt que de mouvements, d’individus plutôt que de compositions, de situations concrètes plutôt que d’idées et de concepts.

Story Water examine les systèmes émergeants et la manière dont ils prennent vie à travers un faisceau de processus et d’interactions entre individus.  La question de notre perception et de notre compréhension de la coexistence entre ce que nous VOYONS et ce que nous ENTENDONS est au cœur de ce programme. C’est une question fondamentale, pas tant pour la réponse que l’on pourrait lui trouver, mais plutôt en temps que phénomène à observer et à étudier.

Et c’est là l’eau dont sont faites nos histoires : Story Water plonge un regard profond et serein dans l’espace où musique et chorégraphie se rencontrent, intermédiaires offerts vers un espace que chacun pourra arpenter, comme on traverse un jardin.

Emanuel Gat, traduit de l’Anglais par Mahane Morvan d’Hellencourt.

 

Une captation du processus de création de Story Water lors du Festival d'Avignon a été présentée sur ARTE Metropolis. Cliquez ici pour voir la vidéo.

 

Press

 

Crédits

Story Water - une pièce par Emanuel Gat - un projet par Emanuel Gat Dance et l’Ensemble Modern pour 12 danseurs et 13 musiciens.
Musique : Pierre Boulez : « Dérive 2 » pour 11 instruments (1988-2006/09)
Rebecca Saunders : « Fury II » concerto pour contrebasse solo et ensemble (2009)
Emanuel Gat/Ensemble Modern : « FolkDance » (2018)

Emanuel Gat Dance
Ensemble Modern

Chorégraphie, scénographie et lumières : Emanuel Gat
Chef d’orchestre : Franck Ollu
Costumes : Thomas Bradley
Direction lumière : Guillaume Février
Direction son : Norbert Ommer
Effets électroniques live : Felix Dreher

Danseurs : Thomas Bradley, Robert Bridger, Péter Juhász, Zoé Lecorgne, Michael Löhr, Emma Mouton, Eddie Oroyan, Genevieve Osborne, Karolina Szymura, Milena Twiehaus, Sara Wilhelmsson, Ting-An Ying.

Musiciens : Saar Berger (cor français), Jaan Bossier (clarinette), Paul Cannon (contrebasse ; soliste Fury II), Eva Debonne (harpe), David Haller (percussion), Christian Hommel (hautbois), Stefan Hussong (accordéon), Megumi Kasakawa (alto), Michael M. Kasper (violoncelle), Giorgos Panagiotidis (violon), Rainer Römer (percussion), Johannes Schwarz (basson), Ueli Wiget (piano).

Une production d’Emanuel Gat Dance, l’Ensemble Modern et le Frankfurt LAB e.V.
Financée par le Kulturfonds Frankfurt RheinMain, la ville de Francfort et l’Ensemble Modern Patronatsgesellschaft e.V., avec la participation du Fonds Transfabrik – Fonds franco-allemand pour le spectacle vivant.
Coproduction Emanuel Gat Dance : Chaillot – Théâtre National pour la Danse, Festival d'Avignon, deSingel campus international des arts, Pôle Arts de la Scène – Friche la Belle de Mai. Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas. Résidence à la FabricA du Festival d'Avignon.
Coproduction Ensemble Modern : Beethovenfest Bonn, Künstlerhaus Mousonturm.