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Version revisitée en 2015 de The Goldlandbergs créée en 2013 à Festival Montpellier Danse

© Emanuel Gat

À l’origine de GOLD, la pièce The Goldlandbergs a été créée en 2013 et n’a cessé d’évoluer depuis, dans une logique de work-in-progress permanent. Dotée d’un nouveau titre pour bien marquer la différence et interprétée par 5 danseurs (au lieu de 8 dans la version d’origine), elle se présente aujourd’hui sous une forme largement remaniée, en particulier au niveau de l’agencement de la lumière et du son. Il ne s’agit donc pas d’une reprise mais bien d’une recréation, qui procède d’un élan vers l’épure perceptible dès le titre, réduit à l’essentiel.

Le cœur du projet n’a, quant à lui, pas changé. Il trouve toujours sa pulsation première dans la coalescence de deux partitions d’exception : les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach, telles que sublimées par Glenn Gould, et The Quiet in the Land (1977), une œuvre radiophonique à la fois documentaire et poétique conçue par le pianiste canadien. Emanuel Gat élabore une chorégraphie aussi dense et dynamique que l’est le matériau sonore dont il s’inspire, composée à la façon d’une fugue – au sens musical du terme – et sous-tendue par une observation minutieuse des rapports humains. Racontant de manière métaphorique une histoire de famille, GOLD provoque d’intenses correspondances entre le geste et la pensée, la musique et la danse, l’individu et le collectif. L’ensemble brille d’un éclat profond.

 

Emanuel Gat est autant un peintre qu’un metteur en scène ou chorégraphe II souligne ce que l’on pourrait ne pas voir une main, un pied, un saut. Sans maniérisme Ce qui progressivement devient des variations, en accord avec les Variations Goldberg de Bach jouées par Glenn Gould, est raffine. Emanuel Gat ne laisse rien au hasard. En simples slips, les danseurs et danseuses s’emparent du plateau pour le transfigurer. Ils deviennent des icônes Tout est transcendé, sans doute grâce a la voix et aux notes si finement perlées de Gould [...]. La danse est délibérément debout et on est ravi par les adages de duos et par la ferveur qui envahit la salle. Rien de religieux, mais Emanuel Gat a de toute évidence un rapport fort au sacré.

Libération - Marie-Christine Vernay

 

Dans ses « Goldlandbergs », présenté en ouverture de Montpellier Danse, Emanuel Gat travaille sur le principe de la fugue, cher à Bach. Cet art de l’imitation et du contrepoint où les thèmes glissent de l’un à l’autre, se démultiplient, se regroupent et se redéploient, porte le principe même de la mélodie intérieure. La pièce est écrite à fleur de peau, sur le frisson, dans une sublime délicatesse. Précise et parfaitement interprétée. [...] Emanuel Gat manie son art très personnel de la chorégraphie comme une science qu’il pousse de plus en plus loin, pour traduire des réflexions de plus en plus subtiles.

Le Figaro - Ariane Bavelier

 

Cette ambiance solaire, surprenante au regard de pièces récentes de Gat, plutôt amateur de pénombre douce, colle à l’esprit ludique et malicieux de ce spectacle pour huit interprètes. Tantôt sautant comme des cabris, tantôt se glissant à quatre pattes sous un partenaire, causant et batifolant jusqu’à grimper les uns sur les autres dans un méli-mélo de jambes et de bras, ils circulent d’un bord du plateau à l’autre avec une désinvolture élégante. Bonheur d’être en scène, de jouer avec une conduite spectaculaire qui laisse apparemment (un peu) libre aux entournures.


Une fois encore, observer l’écriture gestuelle d’Emanuel Gat est jouissif. Chez lui, la chorégraphie a tout d’un organisme vivant qui se faufile sur le plateau pour contaminer les corps et leur faire prendre des formes qui se relayent les unes les autres. Comme une tache d’huile qui glisse, se décompose et se recompose autrement mais dans une même énergie, le mouvement est sans cesse reconduit. Une nuance particulière dans The Goldlandbergs : Gat laisse non seulement la porte ouverte aux humeurs, mais il incruste sa danse dans des situations presque quotidiennes qui suspendent son cours.

Le Monde - Rosita Boisseau

 
 

Crédits

Chorégraphie et lumières : Emanuel Gat
Une pièce pour cinq danseurs.
Musique : J.S.Bach. Variations Goldberg. Piano, Glenn Gould.
Bande son additionnelle : “The Quiet in The Land”, écrite et arrangée par Glenn Gould.
Lumières : Emanuel Gat en collaboration avec Guillaume Février.
Conception son : Emanuel Gat en collaboration avec Frédéric Duru

Production : Emanuel Gat Dance
Coproduction 2013 : Festival Montpellier Danse 2013, Théâtre de la Ville, deSingel campus international des arts, Lincoln Center Festival 2014, CCN Roubaix Nord-Pas de Calais Carolyn Carlson.
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas, Maison de la Danse Intercommunale d’Istres. La compagnie est soutenue par la Métropole Aix-Marseille Provence et le Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur.